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Par

Henri Picard

Image tirĂ©e du film Youngblood : le hockey dans le sang (2026)

Henri Picard obtient son premier vĂ©ritable rĂŽle de comĂ©dien Ă  l’ñge de 15 ans dans le film Les Rois mongols (2017). L’annĂ©e suivante, il se distingue avec une nomination au prix Iris du meilleur acteur de soutien lors du 21e gala QuĂ©bec CinĂ©ma pour le long mĂ©trage À tous ceux qui ne me lisent pas (2018). En 2023, il s’illustre dans Le Plongeur de Francis Leclerc, pour lequel il est de nouveau nommĂ© Ă  un prix Iris, cette fois comme meilleur acteur. En 2026, on le retrouve dans la reprise du film culte de hockey de 1986 Youngblood, ainsi que dans RĂ©demptions de Luc Picard.

Quel est l’un de vos premiers souvenirs liĂ©s au cinĂ©ma ?

Ça doit remonter Ă  quand j’avais cinq ou six ans. Je me rappelle ĂȘtre entrĂ© dans le salon et mon pĂšre Ă©tait en train de regarder Titanic en VHS (rires). C’était la partie du dĂ©but, avec les sous-marins au fond de l’eau qui cherchent le diamant dans les vestiges du bateau. Ce n’était mĂȘme pas encore l’histoire de Jack et Rose (rires). J’étais hypnotisĂ© par les images, qui Ă©taient en plus rĂ©elles, parce que c’était vraiment James Cameron qui Ă©tait descendu dans un sous-marin explorer le site. Je suis devenu obsĂ©dĂ© par ce film-là ! Par la suite, j’achalais mon pĂšre pour le regarder (rires), mais il me faisait seulement Ă©couter la premiĂšre cassette. Le film Ă©tait divisĂ© en deux VHS et la deuxiĂšme partie Ă©tait plus rough pour un enfant, parce que c’est tout le naufrage et ces scĂšnes-lĂ , un peu plus violentes. Donc, c’était toujours la premiĂšre cassette que j’avais le droit de regarder (rires).

Quel est le film qui vous a le plus marqué ?

The Deer Hunter (1978) de Michael Cimino. La fameuse scĂšne oĂč ils sont forcĂ©s de jouer Ă  la roulette russe m’a beaucoup marquĂ©. C’est un film lent au dĂ©but : on prend vraiment le temps d’installer le quotidien des personnages, leurs vies, leurs rĂȘves, jusqu’à ce qu’ils se fassent envoyer en enfer. Ils se retrouvent au Vietnam, complĂštement dĂ©pourvus de leurs moyens, jetĂ©s dans la gueule du loup. Ils sont capturĂ©s par des ennemis qui les forcent Ă  s’entretuer en jouant Ă  la roulette russe. C’est hyper traumatisant (rires) ! J’ai Ă©tĂ© foudroyĂ© par le jeu de Robert De Niro : c’est tellement cru, vrai, sincĂšre. Le film montre Ă  quel point la guerre marque les gens et Ă  quel point il est difficile de revenir Ă  une vie normale, mĂȘme quand tout ça est terminĂ©. Je trouve ça beau que, malgrĂ© toute la tragĂ©die, il essaie de ne pas abandonner ses amis et de les ramener Ă  la maison. Ce n’est pas seulement un film de guerre, c’est un film d’amitiĂ©. Je le réécoute chaque annĂ©e.

« Le film Titanic Ă©tait divisĂ© en deux cassettes VHS et la deuxiĂšme partie Ă©tait plus rough pour un enfant, parce que c’est tout le naufrage et ces scĂšnes-lĂ , un peu plus violentes. Donc, c’était toujours la premiĂšre cassette que j’avais le droit de regarder (rires). »

Quelle comĂ©die vous fait le plus rire ?

AstĂ©rix et ObĂ©lix : Mission ClĂ©opĂątre (2002) ! J’adore parce qu’on est dans l’univers d’AstĂ©rix, mais en le réécoutant en grandissant, j’ai compris toutes les subtilitĂ©s (rires). L’humour est poussĂ© au maximum ! Il y a tellement de jeux de mots. C’est un film que je connais par cƓur et quand il passe Ă  la tĂ©lĂ©, je ne peux pas m’empĂȘcher de le réécouter. Souvent, je ris d’avance parce que je connais toutes les blagues (rires). Il fait mĂȘme partie de mes films prĂ©fĂ©rĂ©s.

Quel est votre film rĂ©confortant ?

Pour moi, c’est la trilogie Spider-Man de Sam Raimi. Ce sont les Spider-Man de mon enfance. Je ne sais pas pourquoi, mais je reviens tout le temps Ă  ces films-lĂ . Ils me donnent encore des frissons aujourd’hui ! Je trouve que c’est la meilleure musique de films de superhĂ©ros qui existe. Je l’écoute mĂȘme parfois en faisant mon jogging (rires).

Quel est votre film quĂ©bĂ©cois prĂ©fĂ©ré ?

Il y en a beaucoup, mais un que j’ai vu rĂ©cemment et que j’ai beaucoup aimĂ© – et on reste un peu dans le thĂšme de Youngblood –, c’est Maurice Richard (2005) de Charles BinamĂ©. Visuellement, il y a quelque chose dans les couleurs : le rouge du chandail, le rouge du sang sur la glace
 C’est le hockey des annĂ©es 1940-50 : ils n’ont pas de casque, c’est violent et ils ne sont pas trĂšs bien payĂ©s. Il y a aussi tout le contexte politique : un ouvrier opprimĂ©, un Canadien français entourĂ© d’Anglais, un homme de peu de mots qui devient soudainement un symbole pour tout un peuple et qui le fait bouger. C’est trĂšs bien jouĂ© et les scĂšnes de hockey sont hyper bien tournĂ©es.

Avez-vous un rĂ©alisateur fĂ©tiche ?

C’est sĂ»r que Martin Scorsese, j’ai un petit faible pour lui. Ce sont ses films que j’aime le plus réécouter. Je trouve qu’il se rĂ©invente encore aujourd’hui. Il reste pertinent et continue de faire des films risquĂ©s, mĂȘme Ă  son Ăąge. Ses protagonistes ne sont jamais tout noirs ou tout blancs : ils ont des failles. Ses films comptent aussi parmi les meilleures performances d’acteurs que j’ai vues au cinĂ©ma.

Vous jouez dans la reprise de Youngblood. Outre Maurice Richard, ĂȘtes-vous un fan des films sur le hockey ?

Quand mĂȘme ! J’ai beaucoup aimĂ© le film Miracle (2004), parce que c’est une vraie histoire et que c’est les États-Unis contre la Russie. Je l’ai justement regardĂ© avec la bande de comĂ©diens de Youngblood Ă  l’hĂŽtel, avant le tournage. J’avais Ă©tĂ© vraiment touchĂ©, Ă©mu aux larmes mĂȘme ! Il y a un travail fou lĂ -dedans : ils ont pris des gars qui savaient vraiment jouer au hockey, et ça paraĂźt (rires). Le niveau de jeu sur la glace est trĂšs, trĂšs bon. C’est aussi trĂšs bien Ă©crit.

Aviez-vous vu la version originale de Youngblood avant d’obtenir le rîle dans cette nouvelle version ?

Je ne voulais pas trop tomber lĂ -dedans, parce qu’on fait un remake. C’est la mĂȘme histoire, le mĂȘme squelette, mais avec des diffĂ©rences. Mon personnage n’est pas exactement le mĂȘme que celui de Patrick Swayze. Mais oui, je l’ai regardĂ© et j’ai eu du fun ! Un vieux film de hockey comme ça (rires), que je ne connaissais pas. On dirait que les scĂšnes de hockey sont plus en slow motion (rires). Le film est diffĂ©rent aujourd’hui, parce qu’on a plus de moyens pour tourner des scĂšnes de hockey plus dynamiques. Je ne pense pas qu’ils savaient tous bien jouer au hockey Ă  l’époque (rires). Des fois, ça paraĂźt, alors que nous, on avait des doublures.

Jouez-vous au hockey dans la vie ?

Je sais patiner, mais je ne suis pas un joueur de hockey. Je suis Ă  l’aise sur des patins, mais je n’ai aucun talent en hockey (rires). Ça m’a sorti pas mal de ma zone de confort ! J’ai su que j’avais le rĂŽle un  mois avant le dĂ©but du tournage. J’ai regardĂ© le film original et je me suis dit : « OK, il faut que je rembarque sur mes patins. » Il fallait que j’aie l’air Ă  l’aise, autant sur la glace que dans la chambre des joueurs : comment un joueur se tient, comment il boit de l’eau et comment il la crache (rires). Quand je suis arrivĂ© pour les rĂ©pĂ©titions, j’ai compris qu’on ne joue pas au hockey pour vrai : on fait un film sur le hockey, c’est chorĂ©graphiĂ©. En voyant le niveau des autres gars, je me suis dit que j’avais encore des croĂ»tes Ă  manger (rires) ! Heureusement, on avait des doublures. La mienne, LJ, a Ă©tĂ© super avec moi tout au long du tournage.

Avez-vous un souvenir cocasse du tournage ?

J’ai fait une grosse intoxication alimentaire. Ça a quand mĂȘme bien tombĂ©, parce que j’avais presque fini de tourner mes scĂšnes. Il y a une scĂšne oĂč ils m’ont maquillĂ© parce que j’étais trĂšs pĂąle aprĂšs ĂȘtre allĂ© aux toilettes
 vous comprenez (rires) ! J’ai quittĂ© directement aprĂšs le tournage de cette scĂšne et j’ai passĂ© la pire nuit de ma vie. Je ne sais pas ce que j’avais mangĂ©. Le lendemain, je devais ĂȘtre sur la glace et les gars me regardaient en me disant : « Voyons donc, Henri, ça va ? » J’étais super pĂąle et faible. Heureusement, ce n’étaient pas des scĂšnes qui me concernaient tant que ça. Entre les prises, j’étais couchĂ© dans mon Ă©quipement de hockey dans une chambre des joueurs. Je dormais (rires). Ils venaient me rĂ©veiller au besoin juste pour que j’aille me placer parmi les joueurs, afin qu’on me voie un peu. Ça n’a vraiment pas Ă©tĂ© ma meilleure journĂ©e (rires) ! |

Le drame sportif Youngblood : le hockey dans le sang prendra l’affiche le 6 mars.